Une consommation répandue
Les chiffres sont parlants : 92 % des hommes et 60 % des femmes déclarent avoir consommé de la pornographie au cours des six derniers mois (Corneau, 2020). En 2022, le Canada figurait parmi les dix pays avec le plus de trafic sur PornHub, occupant la 8e place. Les utilisateurs passent en moyenne 9 minutes sur le site, avec un pic d'activité le dimanche. Sans surprise, la majorité des consommateurs sont des hommes (71 %), contre 29 % de femmes.
Ce succès fulgurant repose en grande partie sur la théorie des "3 A" :
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Accessible : Disponibilité en quelques clics.
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Abordable : Gratuité et options variées.
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Anonyme : Consommation sans accountability directe.
L’humain, de nature curieuse, a souvent témoigné de son désir d'observer la sexualité des autres. Avec Internet, cette curiosité est aujourd’hui assouvie en toute facilité.
Qui consomme de la pornographie ?
Historiquement, la pornographie a été conçue par des hommes, pour des hommes, souvent dans une perspective hétéronormée. Elle repose sur des scénarios explicites et une gratification immédiate.
Cependant, un nouveau courant émerge : la pornographie féministe. Elle met davantage en avant l’érotisme, le désir féminin et le plaisir des partenaires, en s'éloignant des représentations purement explicites.
Regarder de la pornographie : bon ou mauvais ?
Un sujet qui divise, et pour cause :
✔ Des bienfaits pour certain·e·s :
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Moyen d'exploration sans risque physique.
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Aide à comprendre ses propres désirs et fantasmes.
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Peut réduire les conflits liés aux différences de libido dans un couple.
✖ Des effets négatifs pour d'autres :
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Pression pour reproduire des pratiques sexuelles non désirées.
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Augmentation des attentes en matière de performance.
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Impact sur l’estime de soi et le désir sexuel.
La variété du répertoire pornographique peut être étouffante. Certaines catégories incluent des contenus dégradants ou inappropriés. Il est donc nécessaire d’être à l'affût des tendances qui peuvent influencer nos préférences sexuelles.
L'effet sur le cerveau et l'imaginaire érotique
Notre cerveau, hautement plastique, s’adapte à ce qu’on lui soumet régulièrement, surtout en ce qui concerne le plaisir et la récompense. Une consommation excessive peut modifier la perception de l’excitation sexuelle et rendre plus difficile l’accès à un imaginaire érotique autonome.
Les risques incluent :
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Une désensibilisation progressive aux stimuli naturels.
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Une diminution du désir dans la réalité.
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Une consommation passive qui remplace la connexion intime.
Chez les adolescent·es, l’exposition à la pornographie commence en moyenne entre 10 et 12 ans. Cette précoce introduction peut fausser la vision de la sexualité et générer des attentes déconnectées de la réalité.
Quand la pornographie devient-elle problématique ?
Bien que la majorité des consommateurs de pornographie en fassent un usage récréatif et modéré, certains rencontrent des difficultés liées à une consommation excessive, notamment :
🚨 Addiction : Une utilisation compulsive qui interfère avec la vie quotidienne et relationnelle.
💔 Blessures d'infidélité : Certains partenaires perçoivent la consommation de pornographie comme une trahison, surtout si elle devient un substitut à l'intimité.
Si vous ou un.e proche ressentez un impact négatif sur votre vie personnelle ou relationnelle, il peut être bénéfique de chercher de l'aide professionnelle.
Conclusion : modération et conscience
La pornographie n’est ni intrinsèquement bonne ni mauvaise. Elle peut être un outil d’exploration et de plaisir, tout comme elle peut devenir un frein à l’intimité et à la confiance en soi. Tout réside dans l’équilibre et dans la conscience de notre propre rapport à cette consommation.
Et vous, quel regard portez-vous sur la place de la pornographie dans votre vie?
Besoin d'en parler? Nos sexologues sont disponibles pour vous accompagner dans vos réflexions et questionnements sur la sexualité.